À 84 ans, l’illustratrice catalane Pilarín Bayés alerte sur la frénésie des emplois du temps enfants et invite à repenser nos après‑midi. Son regard, forgé par plus de mille albums jeunesse et des décennies de pratique, interroge la place de l’ennui, la valeur du temps libre et l’impact des activités extrascolaires sur la créativité et l’autonomie. Quand une figure culturelle plaide pour des « temps en blanc », la question devient politique et pédagogique à la fois. Cet article explore son point de vue, les recherches qui le soutiennent et des pistes concrètes pour aménager des plages non planifiées dans la vie familiale.
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ToggleQui est Pilarín Bayés et pourquoi son avis résonne
Pilarín Bayés est une voix familière des bibliothèques en Espagne, connue pour un catalogue énorme d’albums jeunesse et un engagement constant auprès des enfants. Sa carrière couvre plus de soixante ans, un rythme de publication élevé et une reconnaissance publique qui rendent son propos difficile à ignorer. Le fait qu’elle continue de créer intensément à un âge avancé ajoute du poids à son plaidoyer pour la liberté de jeu.
Les entretiens récents ont mis en lumière son observation des journées d’enfants contemporains, surchargées d’école et d’activités encadrées. Elle insiste sur la nécessité de moments sans programme pour que l’enfant puisse inventer et construire son imaginaire. Ce point de vue rejoint celui d’éducateurs et de chercheurs qui mesurent les effets positifs du temps libre non dirigé.
Son expérience personnelle d’artiste et de mère éclaire aussi sa position. Les crayons qui traînaient à la maison ont permis à ses enfants d’intégrer le dessin dans leur quotidien sans pression. Cette proximité entre travail créatif et vie familiale lui permet d’envisager des solutions pragmatiques plutôt que des théories abstraites.
Pourquoi laisser les enfants s’ennuyer est-il bénéfique ?
Des études en psychologie décrivent l’ennui comme un signal adaptatif qui encourage l’exploration et la résolution de problèmes. Lorsque l’écran n’occupe pas chaque temps mort, l’enfant invente des jeux, apprend à se réguler et découvre ses goûts. Le « temps en blanc » favorise ainsi la créativité et l’autonomie, deux compétences clefs pour la vie adulte.
Les spécialistes soulignent aussi un effet sur les émotions. Apprendre à tolérer l’ennui renforce la capacité à gérer la frustration et à chercher des alternatives constructives. Ce travail intérieur est difficile à mesurer mais il forme une base solide pour la confiance en soi.
Enfin, la qualité des interactions familiales peut gagner lorsque l’agenda se détend. Des après‑midi moins programmés laissent place aux conversations, aux jeux spontanés et à des moments partagés qui ne s’achètent pas en activité payante. Les parents observent souvent une réduction du stress collectif quand la famille retrouve des plages sans rendez‑vous.
Comment aménager des plages libres sans bouleverser l’emploi du temps familial
Commencer par de petits changements permet de tester ce qui fonctionne chez vous. Réserver un après‑midi par semaine sans activités imposées offre un terrain d’expérimentation pour l’enfant et pour les horaires familiaux. Le rythme doit rester réaliste afin d’éviter la culpabilité chez les adultes et la frustration chez les enfants.
Quelques principes simples aident à instaurer ces plages de liberté
- Un après‑midi libre par semaine en primaire
- Deux après‑midi libres au collège pour préserver l’autonomie
- Un coin avec livres, crayons et jouets accessibles sans consignes
Il vaut mieux accompagner que diriger lors des premiers essais. Laisser durer le « je m’ennuie » quelques minutes sans intervenir systématiquement permet à l’enfant de développer des solutions personnelles. Vous pouvez proposer des ressources discrètes mais éviter d’imposer des consignes strictes.
Quels repères pour réduire les activités extrascolaires et garder l’équilibre
Des recommandations partagées par des pédagogues et des parents praticiens préconisent de limiter le nombre d’activités régulières. L’idée n’est pas d’éliminer toute pratique organisée mais de choisir soigneusement en fonction des envies et de l’énergie de l’enfant. Ce tri aide à préserver des plages de disponibilité mentale et physique.
Le tableau ci‑dessous résume les différences observables entre un emploi du temps saturé et des périodes de temps libre
| Caractéristique | Activités surchargées | Temps en blanc |
|---|---|---|
| Créativité | Encadrée et dirigée | Spontanée et auto‑initiée |
| Autonomie | Moins sollicitée | Renforcée par l’expérimentation |
| Gestion des émotions | Souvent externalisée | Pratique de la tolérance au vide |
| Relations familiales | Moins de temps partagé | Plus d’occasions d’échanges imprévus |
Adopter ces repères aide à retrouver un équilibre entre activités choisies et moments libres. En tant que parent, vous pouvez ajuster progressivement les limites et observer si l’enfant gagne en initiative et en bien‑être.



